le jardin traversé

Récit d’un lieu, un jardin sauvage, un verger sur les hauteurs de Lozeron. Mon guide est celui qui depuis longtemps, plante, retourne, observe, prend soin. Je vais apprendre à ses côtés, j’ai tout mon temps. Cet hiver 2021, le monde a changé. La notion de distance, de déplacement, de respiration, de liberté ont changé. J’ai besoin d’un ailleurs, il ce trouve à une dizaine de kilomètres de chez moi. J’ai avec moi un cahier, un crayon. Je suis prête.

Mon premier contact avec le jardin se fait avec un plan. Que mon guide a dessiné. Je tombe en « admire » sur le jardin écrit. Des détails sur l’emplacement d’un arbre, son espèce, quand il a été planté. Des contours, avec le cadastre, avec un crayon bien taillé, des lignes, des angles. Mais, tout déborde de ce cadre. Plus je regarde et plus je découvre l’ampleur. Je n’en suis qu’au début. Un jardin. Un verger. Un bout de terrain sauvage, mais pas tout à fait. Il y a l’arrosoir. Il y a la main qui recouvre la graine de terre. L’attention, la désolation lorsque la canicule réduit tout en poussière. Là, il fait 3 degrés. Les fèves grandissent sous les feuilles. Des feuilles que quelqu’un a rassemblé, porté, déposé à leurs pieds.